[Le Kiff du Mercredi] Ojoz : Rencontre avec un photographe entre la « Parifornie » et « Je York City »

Posté le 19/12/2012 par dans Le Kiff du Mercredi

Un style vestimentaire qui lui est propre (les tatouages et les piercings sont de rigueurs), Ojoz fait partie de cette nouvelle génération d’artistes talentueux qui viennent bousculer les standards de la photographie. Rencontre en toute simplicité, entre la « Parifornie » et « Je York City », avec un jeune homme qui fera assurément parler de lui dans les mois et années à venir.

 Yes Gaston : Ojoz qui es-tu ?

Ojoz : Et bien, à ce qu’il paraît je suis photographe (rires). J’ai tout juste 23 ans, je suis originaire de Guyane, je vis sur Paris depuis une quinzaine d’années, mais j’ai grandi dans le 93. J’ai commencé la photo il y a à peu près 4 ans et j’en vis depuis 2 ans.

YG : Ok cool, une évolution plutôt rapide, aujourd’hui on peut dire de toi que tu es  photographe à part entière ?

Ojoz : Je ne sais pas si je suis  « Photographe », je trouve le mot un peu fort, c’est comme un manque de respect envers les mecs qui bossent depuis des années et qui sont vraiment des « Grands », Moi j’ai encore pas mal de taff avant de prétendre être « Photographe ».

YG : Comment te définirais- tu alors ?

Ojoz : J’ai l’habitude de dire que je suis « un petit dans la cour des grands » ou « un grand dans la cour des petits », il y a un juste milieu. C’est comme un boxeur, pour qu’il devienne un champion il devra s’entraîner dur. C’est pareil pour moi ; j’apprends à faire de meilleures photos, que ce soit dans la mode ou le lifestyle, je perfectionne sans cesse mes techniques.

YG : D’où te viennent tes influences ?

Comme je te l’ai dit, j’ai grandi dans le 93 et j’ai des grands frères qui m’ont beaucoup influencé vers l’univers du Hiphop. Du coup, j’ai  commencé par faire ce que je connaissais. Mes premiers clichés étaient souvent en rapport avec la culture urbaine.

Après, avec le temps, j’ai rencontré beaucoup de monde d’univers totalement différents ce qui m’a pas mal ouvert l’esprit.

Aujourd’hui je touche à tout, mais il y a toujours un esprit dark, dur dans mes photos qui peut s’apparenter à cette culture.

D’ailleurs, à cause de ça, j’ai un peu de mal à bosser avec les agences de mannequin. Elles me trouvent trop « artiste ».

YG : Tu te souviens de ta première photo ?

Ojoz : Ouais, c’était sur les rails de ligne 5 à place d’Italie avec un pote. Bon délire.

YG : Quelle a été ta photo la plus difficile à prendre ?

Ojoz : Alors, j’en ai deux. D’un point de vue technique, un jour j’ai dû faire une photo d’une fillette de 8 ans avec 4 chats du Bengal  (ce sont des chats sauvages) donc je ne te raconte pas la galère.

Après, d’un point de vue « sentimental »,  une photo de Asap Rocky. J’ai fait un séjour de 3 mois à  New York, je traînais quasiment tous les jours avec ses potes et je n’ai jamais réussi à l’avoir ce n’est qu’une fois de retour à Paris que j’ai pu le shooter.

YG : En parlant des Etats-Unis, raconte-moi un peu ton Expo « Cali for me It’s Parifornie ».

Ojoz : A la base, je n’avais pas l’intention de faire une expo. J’avais juste pris quelques clichés de mes potes. C’est vrai qu’on aime beaucoup le lifestyle à l’américaine et plus particulièrement à la californienne : un mode de vie un peu à la cool, tu chill avec tes potes, parfois tu fumes, parfois tu skates il y a toujours des meufs autour de toi (rire)… le truc sympa quoi !

Ce sont les gens, qui par la suite, m’ont fait remarquer que les photos faisaient penser à la Californie.

Ce qu’il y a de paradoxal c’est que je n’ai jamais mis les pieds sur la côte ouest ; toutes les photos ont été prises à Paris (d’où le jeu de mot).

YG : J’ai appris que tu te lançais dans la vidéo, tu cherches à te diversifier ?

Ojoz : Ouais exact, j’ai réalisé le clip de 3010  « AMEN ». Je ne cherche pas à devenir réalisateur. Ce qui m’intéresse c’est plutôt le côté cinématographique qu’il peut y avoir dans la vidéo. Mon kiff c’est de sortir des putains de cadrages de ouf.  J’ai le sentiment que la vidéo est plus intimiste que la photo.

YG : Je suppose que tu as pas mal de projets à venir ?

Ojoz : A court terme, je prépare une prochaine expo qui s’appellera « Je York », je te laisse deviner de quoi elle parlera… Je n’ai pas encore de date à te communiquer, je suis en pleine négociation avec des Galeries d’art.

Sinon, fin janvier début février 2013, j’ouvre un studio photo à Lyon.

Ojoz : A plus long terme : Je boss actuellement sur mon book photo, ce qui me permettrait de toquer à toutes les portes sans appréhension, et probablement m’exiler à l’étranger par la suite.

Merci Ojoz pour cette interview, j’espère que YesGaston aura des invitations pour ta prochaine expo (rire) ?

Ojoz : Bien sûr, Big up à vous les Gastons.

Si vous avez kiffé l’univers d’Ojoz, je vous invite à vous rendre sur son site internet ojoz.fr 

 

Laurent Bayard

"Voici l’métisse café crème, le Gaston cappucino ! Ce jeune homme ambitieux, parfois vicieux, cet enfant seul venu des bas fonds qui opta pour une paire de puma plutôt que pour Allah, Krishna, Buddha ou Jéhova . Son rêve ? Rouler en Testarossa. Quitter paris et manger du poisson grillé sur la plage du gossier. Écouter cette musique, Rap, Rap, cette musique qu’il aime à longueur de journée. Je finirais sur cette phrase qui caractérise bien le personnage : « pense qu’aujourd’hui c’est ton jour pour lutter et vaincre, Gaston le monde est devant toi n’attend pas qu’il débarque »."

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